Comment danse-t-on le Mendé en Guadeloupe ?

Publié le : 03 décembre 20214 mins de lecture

Comme toute culture et civilisation, la Guadeloupe a sa musique traditionnelle, d’origine africaine. Elle exprime les temps forts de la vie quotidienne et combine à la fois la danse, le chant et l’instrumental. Elle a la particularité de présenter différents rythmes et le Mendé est l’un d’eux.

Le Gwoka

Le Gwoka est une pratique culturelle de la Guadeloupe qui combine à la fois le chant, l’instrumental et la danse tout en mettant en valeur les qualités individuelles d’improvisation. Il est joué par les différents groupes ethniques et religieux de la communauté guadeloupéenne. Le Gwoka est devenu l’un des éléments d’expression de l’identité du pays. Il est joué avec des tambours : ka, dont le plus grand ou le « boula » permet de jouer le rythme central. Tandis que le plus petit appelé « maké » s’occupe de marquer la mélodie et d’interagir avec les autres acteurs, notamment les danseurs, les chœurs et les chanteurs.

Il est à noter que les chœurs sont composés principalement des spectateurs lors des prestations publiques. Ces dernières se déroulent souvent la nuit durant des rassemblements populaires.

Les sept rythmes du Gwoka

1. Le Gwoka est composé de sept rythmes basiques et qui peuvent, eux-mêmes, présenter de multiples variations. Chacun de ces rythmes est porteur de sentiment et de signification particuliers.

2. Le Léwoz, rythme à deux temps, est la plupart du temps dansé par les hommes. Il s’agit d’un rythme de guerre durant lequel on sent le lien fort entre le danseur et le marqueur.

3. Le Kaladjia, encore un rythme à deux temps, mais joué plus lentement. Il évoque principalement la souffrance et la tristesse.

4. Le Toumblak est un rythme en deux temps rapide, enjoué et festif sur lequel on effectue la danse de l’amour. C’est une danse du ventre et qui peut générer des postures suggestives. La danse effectuée sur le Graj imite les gestes de récolte. Ce rythme à quatre temps rappelle le travail pénible et les souffrances aux champs.

5. Le Padjanbèl exprime la joie, la liberté, mais également la dureté du travail au sol.

6. Le Woulé, comme la valse, est un rythme à trois temps. Il est aussi un rythme qui symbolise le travail.

7. Et enfin, le Mendé, rapide et enjoué. Il s’agit d’un rythme de fête collective et de carnaval.

La danse Mendé

Lors des prestations publiques, le public et les participants sont réunis en forme de cercle. Le soliste et les danseurs entrent à tour de rôle dans ce dernier. Le Mendé est un rythme incitant à la marche, au défilé. Il symbolise la désinvolture et l’évasion collective. Le soliste impose alors un refrain que le public reprend en chœur tout en frappant des mains. Et au milieu de la ronde, le danseur commence par exprimer le sentiment de fête et de valorisation collectives par ses mouvements et ses gestes improvisés. Tout cela en faisant face aux tambours.

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